kurt en pleine action

ben le "petit" geste mytique du groupe

# Posté le lundi 20 juin 2005 07:33

NIrvana 002

NIrvana 002
CHAPITRE 5 : KURT COBAIN S'EST SUICIDÉ

EN LIGNE :
DAVID PERLE, FAN DE COBAIN. IL CONTESTE LES ALLÉGATIONS DE TOM GRANT ET VEUT LAVER COURTNEY LOVE DE TOUT SOUPÇON

Tom Grant, qui s'improvise procureur, ne possède aucune preuve tangible de ce qu'il avance, et ne peut citer aucun témoin à charge réellement désireux d'accuser Courtney Love.
Ses théories apparaissent tout à fait contestables, pour peu que l'on veuille bien se rappeler les faits suivants :
- Kurt Cobain a manifesté des tendances suicidaires pendant des années. Il ressemblait bien à une personne capable de se donner la mort.
- Courtney Love a sauvé la vie de Kurt à de multiples reprises. Elle l'aimait profondément. Il est donc extrêmement peu probable qu'elle se soit donné le mal que prétend Tom Grant pour faire assassiner son mari.
- Le témoignage de Grant est un tissu de citations anonymes. Il nous promet régulièrement des révélations saisissantes, mais nous les attendons encore, et rien ne nous permet d'affirmer que nous les lirons un jour.

L'ATTITUDE DE COURTNEY

Je ne prétends pas être objectif. D'abord, je suis un fan de Kurt Cobain et, à ce titre, j'éprouve un certain respect pour sa veuve, Courtney Love. Mais il vrai que je mentirais si je disais ne pas avoir perdu une part de ce respect pendant les deux dernières années. Après tout, elle a fait en deux ans un certain nombre de choses étranges, controversées et parfois même, pernicieuses. Quoi qu'il en soit, elle reste égale à elle-même. Elle est forte. Elle se conduit comme Kurt l'aurait souhaité.
Je pense que beaucoup de ceux qui adhèrent à la théorie de Tom Grant n'aiment pas Courtney. Je ne sais vraiment pas pourquoi tant de gens éprouvent de l'animosité à son encontre. Je reconnais que ces derniers temps, elle agissait de façon à repousser le grand public. Mais il ne faut pas oublier une chose : les défauts pour lesquels elle est détestée sont précisément ceux grâce auxquels Kurt est tombé amoureux d'elle !
Pour appuyer mes dires, et pour mettre fin à tout ces "Kurt n'aurait jamais voulu qu'elle vive ainsi", voici quelques paroles de Kurt Cobain...

J'ai vécu de nombreuses expériences, mais rien d'aussi gratifiant qu'avoir un enfant de Courtney. Elle est l'exemple même de la dignité, de l'éthique et de l'honnêteté. Ma femme défie l'injustice, et la raison pour laquelle son caractère a été si sévèrement critiqué est qu'elle refuse catégoriquement de se plier aux normes des hommes Blancs corporatistes. Ces règles préétablies font de la femme un être soumis, silencieux et sans ambition. Lorsque ces règles ne sont pas respectées, l'homme, menacé, prend peur.

Ces lignes sont claires comme de l'eau de roche. Il l'aimait vraiment. Un autre jour, lors du Reading Festival, en Angleterre, il déclara :

Je veux dédier cette chanson à ma fille de douze jours et à mon épouse. Certains propos très exagérés ont été tenus à notre sujet, surtout sur ma femme, et elle pense que tout le monde la déteste Alors, puisque ce concert est enregistré, pourquoi ne pas lui faire parvenir un message et lui dire "Courtney, on t'aime !" D'accord ? Vous êtes prêts ? Je compte jusqu'à trois. Un, deux, trois !
(La foule l'acclame alors et hurle "Courtney, We love You ! ")

Il est très important de garder à l'esprit que Kurt a toujours épaulé sa femme, parce qu'il l'aimait. Tous ceux qui ont pu lire les réactions de Cobain lors du scandale déclenché par Vanity Fair, savent que Kurt voulait littéralement tuer la journaliste qui avait colporté des calomnies sur Courtney. Gardez cela à l'esprit en lisant la thèse de Tom Grant.

De plus, Grant fait de Kurt un être à part, surnaturel, quasi-angélique, et diabolise Courtney en la dépeignant, elle, comme une salope et une meurtrière. Ignore-t-il à ce point que Cobain était attiré par sa femme parce qu'elle était avant tout son double féminin ? Il semble que Tom Grant ne connaît pas réellement Kurt Cobain.

Avant de m'engager davantage, je souhaiterais soulever les rumeurs selon lesquelles Courtney serait devenue une "Marie couche-toi là" depuis la mort de Kurt. Nombreux sont ceux qui utilisent cet argument non seulement pour la faire passer pour une pute, mais aussi pour démontrer son manque de respect envers son mari. Partisans ou non de la thèse du suicide, tenez compte de ce qui suit : voilà une femme qui s'efforce de rendre son mari heureux, de le maintenir en vie et qui, un beau jour, se réveille et s'aperçoit qu'il s'est tué. Il est parti. Il l'a abandonnée. Il n'est pas inhabituel que des gens, dans ce cas de figure, ressentent un manque d'affection tel qu'ils puissent se jetter dans les bras de gars comme Billy Corgan (chanteur des Smashing Pumpkins) ou Trent Reznor (du groupe Nine Inch Nails). C'est, au pire, révélateur d'une certaine faiblesse de caractère de sa part. Ne la détestez pas pour autant. Elle a été abandonnée. Ca ne veut pas dire qu'elle n'aimait pas Kurt de tout son coeur. De toute façon, il n'y a pas preuve du contraire.

UNE ABSENCE TOTALE DE TÉMOINS

Lorsque j'ai lu pour la première fois les dossiers de Tom Grant, en juin 1995, j'en ai été abasourdi. Tels qu'ils sont décrits dans ce texte, les agissements et les déclarations de Courtney Love ne peuvent qu'indigner. Grant nous fait assister aux mensonges qu'elle a propagés dans la presse. Cette femme semble habitée par le mal et nous met en colère.
Toutefois, il est possible de lire le dossier Grant comme je l'ai fait, avec un état d'esprit différent. On ne peut qu'être soufflé par ce tissu d'élucubrations infondées, par ce récit que n'étaye pas l'ombre d'une preuve matérielle. Pensez-y. Il n'y a pas l'ombre d'une preuve ! À un moment précis, Tom Grant cite un certain nombre d'informations particulièrement compromettantes sur le couple Love-Cobain, fournies par l'avocate du couple, Rosemary Carroll. Au début, ces révélations m'ont sérieusement perturbé. Par exemple, Grant précise que Rosemary Carrol ignorait que Kurt était suicidaire, qu'elle soupçonnait Courtney d'être mêlée à la mort de son mari, etc.
Il s'agissait bien là d'un témoignage troublant J'étais de plus en plus ennuyé, jusqu'à ce que j'avance dans ma lecture. Un peu plus loin, en effet, on découvre que, lorsqu'il a rendu publique son dossier, Grant a reçu une lettre du cabinet de Rosemary Caroll, lui intimant l'ordre de cesser d'attribuer à celle-ci des déclarations fantaisistes, sous peine de procès.
Grant produit alors une copie de sa réponse à la firme d'avocats, texte dans lequel il dit, en gros, qu'il ne sait vraiment pas quelle mouche les a piqués. Rosemary "sait" que Courtney est coupable, alors "pourquoi me faire ça ? " Je pense qu'une large partie de sa lettre est, en réalité, destinée à ses lecteurs qui sont, déjà, tous ralliés à sa cause.
Il se trouve donc que Grant n'a absolument aucune preuve de ce qu'il avance. Et nous n'avons, par conséquent, aucune raison particulière de croire que ce suicide masque un meurtre.
Dans un même ordre d'idées, Grant fait référence à un certain nombre d'informations calamiteuses sur Cobain que lui aurait confiées Dylan Carlson, un très bon ami de Kurt. Mais, si Grant peut mentir sur ce que Rosemary Carroll aurait affirmé, il est raisonnable de croire que les "citations" de Dylan sont également une pure invention. Grant décrit Carlson comme un junkie mais s'empresse d'ajouter : "Il est intelligent".

DIVORCE, VOUS AVEZ DIT DIVORCE ?

Je suis curieux de savoir comment Grant peut décemment déclarer que Kurt et Courtney se préparaient à un méchant divorce. Pas de sources, pas d'infos, rien. Personne dans mon entourage n'a jamais dit une chose pareille.
Courtney et Kurt étaient très amoureux l'un de l'autre, si l'on fait abstraction des sautes d'humeurs sporadiques du chanteur après sa dose d'héroïne. Courtney Love m'a dit qu'il n'avait jamais été question de divorce entre eux.
Je tiens à signaler pourtant que Courtney, Krist, Dave et bien d'autres amis de Kurt avaient tous menacé d'abandonner le chanteur à son triste sort s'il ne se débarrassait pas rapidement de sa dépendance à la drogue. Mais ça n'avait rien à voir avec un divorce brutal : leur unique motivation était de prendre soin d'un homme qu'ils aimaient tous.

Tom Grant raconte comment Courtney Love est passée maîtresse dans l'art de manipuler tout et tout le monde. Grosso modo, elle dirait un certain nombre de choses simplement pour rallier des gens à sa cause, et se servirait d'eux, sans qu'ils en soient conscients. C'est drôle. C'est exactement l'effet que donne Tom Grant. On dirait qu'il gagne sa vie en écrivant des éditoriaux ! Il prend un ton paternaliste et donne des leçons à tour de bras : "Attention, les enfants, la drogue, c'est mal. Mais nous devons avoir de la compassion, la toxicomanie n'est qu'une faille, nous ne devons pas détester la personne qui a ce problème..." Il propose d'ailleurs sur son site les coordonnées d'un centre d'assistance pour maniaco-dépressifs et, même là, se montre insensible puisqu'il décrit le suicide comme "la voie facile"...

Plus loin, Tom Grant explique que Kurt Cobain s'est acheté un fusil parce qu'il craignait pour sa vie depuis qu'il avait refusé de participer à la tournée Lollapalooza. N'est-ce pas un peu ridicule ? Devons-nous croire que Kurt avait peur de Peter Farrell, ou de l'un de ses sous-fifres, parce qu'il ne voulait pas donner de concerts ? Allons, soyons sérieux. Heureusement, Grant ne s'attarde pas trop sur cette crétinerie, préférant se rabattre sur la thèse plus populaire de la culpabilité de Courtney.
À plusieurs reprises la police s'est rendu chez les Cobain pour cause de tapage nocturne. Le département de police de Seattle a conservé une grande quantité de documents à ce sujet. Même les officiers de police s'accordaient à dire que Cobain était suicidaire, et confisquaient régulièrement sa collection d'armes à feu. Ils savaient bien qu'un jour il se tuerait. C'était leur avis. Si Courtney Love avait voulu se débarrasser son mari, elle n'aurait eu qu'à le laisser faire. Si elle-même a alerté la police pour emporter toutes les armes, cela prouve qu'elle ne souhaitait pas le voir mourir.

LA LETTRE DE SUICIDE

Tom Grant passe son temps à disserter sur le fait que la lettre de suicide de Kurt ne ressemble en rien à une vraie lettre de suicide, mais plutôt à une lettre d'adieu à la scène. En fait, cette lettre correspond totalement à ce que pourrait écrire un junkie avant de se donner la mort.
La lettre de Cobain n'a évidemment ni queue ni tête. Et pour cause : il n'avait pas tous ses esprits au moment de s'injecter la faramineuse dose d'héroïne qui lui sera fatale.
Un autre fantasme de Tom Grant est sa théorie selon laquelle l'écriture au bas de la note ne serait pas celle de Kurt. Vous l'ignorez peut-être, mais un homme appelé Richard Lee, de Seattle, présentateur d'une émission télévisée hebdomadaire, enquête lui aussi sur le "meurtre" de Kurt Cobain. Il méprise Tom Grant. Bien qu'il soit entièrement convaincu que la mort de Cobain ne résulte pas d'un suicide, il reconnaît que la police de Seattle a consulté trois graphologues pour authentifier la lettre. Tous les trois certifient que les derniers mots de la lettre ont bien été écrits par Kurt. Je le répète : il n'y a aucun doute, Cobain a bien entièrement rédigé cette note lui-même. Elle n'a nullement été fabriquée par un tiers. La seule raison pour laquelle les gens ont pu croire que quelqu'un d'autre avait inscrit quelques mots en bas de page est que les caractères sont un peu plus épais et pas tout à fait identiques à ceux du reste de la note. Cobain a probablement ajouté ces mots après s'être injecté une dose massive d'héroïne, ce qui, on le comprend bien, est de nature à affecter les capacités motrices.

LA CARTE DE CRÉDIT

Certes, la carte de crédit manquante est un élément important du dossier Grant : l'édition du Seattle Times, datant du 11 mai, signale que des poursuites judiciaires ont été entamées contre un dealer à qui Cobain aurait cédé sa carte banquaire. Il semblerait que le chanteur, souffrant de terribles maux d'estomac, ait voulu se procurer de la drogue pour soulager sa douleur. N'ayant pas de liquidités sur lui, il a donné sa carte de crédit à un revendeur (logique, il s'apprêtait à se suicider et par conséquent, n'allait plus en avoir besoin !) qui s'empressa de retirer des sommes astronomiques de son compte.
La police finit par comprendre que Cobain n'y était pour rien, puisque le chanteur n'était plus en mesure de dépenser de l'argent après le 5 avril.
Est-ce si difficile à comprendre ?

UN DÉTECTIVE PAS SI PRIVÉ QUE ÇA

Je souhaiterais ouvrir une parenthèse sur la morale de Tom Grant, en tant que détective privé. Il ne m'a pas l'air aussi privé que ça. Vous la trouvez privée, son enquête ? Il peut affirmer tant qu'il veut que Courtney "va lui faire la peau", ce sont des conneries et il le sait ! Mais s'il est tellement paranoïaque, il y a d'autres façons de se protéger contre des menaces de mort. Il pourrait, par exemple, déposer des preuves accablantes dans un coffre fort, puis prévenir les avocats de Courtney qu'elle s'exposerait à de graves ennuis si quelque chose lui arrivait.
Tom Grant sait qu'il divulgue des informations réservées aux forces de police. Après avoir reçu une lettre du Département de défense des consommateurs Californiens, lui demandant de rendre des comptes à ce sujet, il se justifie en disant qu'il a transgressé les règles en connaissance de cause, parce qu'il soupçonne Courtney depuis le début de l'affaire. Ce n'est évidemment pas une explication valable. Il ne fait en réalité que confirmer le caractère illégal de son enquête.

Tom Grant recommande de ne pas écouter Courtney parce que, selon lui, c'est une folle et une menteuse. Une question : pourquoi devrions-nous écouter Tom Grant ? Courtney n'est peut-être pas mère Téresa, mais qui l'est aujourd'hui ? C'est la parole d'une personne contre celle d'une autre.

Grant présente Courtney sous un jour peu favorable dans son enquête. Il la rend coupable de ceci, de cela Bien sûr, il a travaillé pour la police... et alors ? En quoi cela garantit-il qu'il n'est pas tordu ? Est-il si difficile de s'imaginer qu'un détective privé puisse... mentir ?

LES FAITS INDISCUTABLES

Tom Grant demande : "Quelle preuve avons-nous que la balle mortelle a été tirée par Kurt ?" Mais quelle preuve Tom Grant a-t-il qu'elle ne l'a pas été ? Cobain s'est échappé du centre de désintoxication Exodus, à Marina del Rey, près de Los Angeles. Un effet bien connu du manque d'héroïne est une dépression importante. Kurt était connu pour être dépressif et sa famille comptait déjà quelques suicidés parmi ses membres. Cobain avait par ailleurs, fréquemment, de graves problèmes avec son estomac. Bien sûr, en cure, il lui était impossible d'employer l'héroïne pour soulager sa douleur. Cela a pu accroître son désarroi.
Kurt a donc décidé qu'il était prêt à en finir. Il rédige une note expliquant sa décision. Une lettre destinée à ses fans - et non à ces imbéciles qui finiront un jour par accuser sa femme. Il ajoute à son texte des annotations séparées pour sa femme et sa fille. Des notes qui ne nous étaient pas forcément adressées.
C'est une histoire simple, triste, et cruelle. Il n'y a pas grand mystère là-dessous

QUI EST COURTNEY LOVE ?

Dylan Carlson pense que Kurt n'était pas suicidaire. Mais qu'une période d'accalmie dans son comportement ait pu précéder sa mort ne prouve rien, sinon qu'il était dans l'oeil du cyclone.
D'après Carlson, le directeur artistique de Nirvana et Courtney Love ont poussé le musicien à entrer en cure de désintoxication. Cobain avait un peu d'appréhension, mais ne semblait pas abattu.
"Kurt faisait face à un certain nombre de soucis, mais il avait l'air d'encaisser" raconte Carlson.

"TOUT LE MONDE EST CONTRE MOI"

Grant nous raconte la façon dont la police l'a trompé. Quelle raison y a-t-il pour que nous lui accordions plus de crédit qu'à la police, ou qu'à Courtney, sa famille et ses amis ?
Tout cela ressemble au snobisme qui consiste à dire que "les médias sont tous des cons." Cette rengaine revient souvent au galop chez les supporters de Grant. "Les médias mentent ! La police ment ! Tom Grant lui, ne ment jamais !"
Grant nous parle aussi de l'amour que Kurt portait à sa fille, et nous dit à quel point Cobain était peiné qu'elle puisse entendre plus tard que ses parents étaient un couple de drogués. Grant pense que c'est l'une des raisons pour lesquelles il ne se serait pas tué.
Apparemment, M. Grant ne sait pas grand-chose de ce qu'est une dépression, ni des extrémités auxquelles elle peut pousser.
Grant cite des extraits de People magazine, à propos de l'incident de Rome : "Ironiquement, cet incident a eu lieu à un moment où Kurt semblait plus en paix avec lui-même qu'il ne l'avait été depuis des années." Je ne sais pas d'où ils ont sorti cette histoire, parce que tous les gens qui l'ont approché à cette période savent qu'il était en pleine confusion. Nous avons de bons enregistrements du concert de Rome, et la musique est vraiment bonne, mais Kurt ne dit rien. Le seul mot qu'on entende de lui est "Gracias !". Il prononce quelques paroles çà et là, essayant d'être drôle, mais on sent bien qu'il fait de son mieux pour masquer sa détresse. Je peux presque imaginer ce qu'il devait penser... Ceux d'entre-nous qui possèdent des albums de Nirvana en concert, savent que, même s'ils ne parlaient pas entre chaque chanson, les membres du groupe racontaient souvent des blagues et des histoires. En tout cas, beaucoup plus que lors de l'horrible concert à Rome.

Voici une liste de ce que Grant considère comme des "invraisemblances" :

- La combinaison coup de fusil/overdose :

Grant explique que des enquêteurs confirmés de la Criminelle lui ont dit qu'habituellement, on se tue avec l'un ou l'autre, pas avec les deux.
Que l'on ait dit ça à Grant ou pas, quelqu'un ment ici. En effet, on m'a rapporté qu'il n'y a là rien de rare. L'une de mes sources affirme : "Pourquoi quelqu'un aurait-il réalisé toute cette mise en scène, alors qu'il aurait simplement suffi de droguer Cobain à mort, sans courir le moindre risque ?"
Quoi qu'il en soit, un autre ami m'a assuré que, même dans un état second provoqué par la drogue, on peut fort bien se servir d'un fusil : comme chacun le sait, Cobain était héroïnomane et planait complètement quand il est passé à l'acte. S'il ne s'était pas défoncé, peut-être serait-il encore là.

Trois balles dans le fusil :

Si, comme le prétend Grant, Kurt redoutait vraiment l'intrusion des organisateurs de la tournée Lollapalooza, c'est peut-être pour cette raison que le fusil était chargé. De plus, tout le monde sait que Kurt voulait assurer sa sécurité et celle de sa famille. C'est sans doute pourquoi le fusil était prêt à l'emploi. Quant au nombre de balles chargées, cela n'a rien à voir avec un meurtre, puisque Kurt avait préparé le fusil avant son départ pour la clinique Exodus.

Pas d'empreintes digitales :

Il n'y avait pas d'empreintes digitales lisibles sur le fusil, dit Grant. Comme si l'on pouvait saisir une arme, poser ses mains sur toute la surface de la crosse et du canon, puis le pointer sur son visage sans laisser la moindre trace !
Au moins, Grant est honnête sur ce point même s'il déforme tout. Le fusil utilisé était un Remington M-11, calibre 20, semi-automatique. S'il n'y a pas eu d'empreintes relevées sur l'arme, c'est parce que L'EXAMEN N'A PAS ÉTÉ FAIT ! La scène avait tout l'air d'un suicide quand les autorités sont arrivées et personne n'a vu l'intérêt de vérifier si les empreintes de Kurt se trouvaient sur le fusil.
Je sais, en revanche, que le médecin légiste a relevé des marques de brûlures sur les mains de la victime, et ces marques sont révélatrices de la manière dont il tenait le fusil pour le diriger contre lui-même. La voilà, la véritable preuve du suicide !

La lettre de Cobain :

- Pour Grant, il ne s'agit que d'une longue note destinée à ses fans et non la dernière lettre d'un suicidé.
À mon avis, ce que Grant veut prendre pour une stupide "lettre d'adieu à la scène", est une véritable lettred'adieu, tout court. Cobain voulait s'en aller. Si vous relisez la note dans cette optique, est-elle vraiment insensée ? Je ne le pense pas. Imaginez Kurt Cobain seul dans la pièce, bourré d'héroïne, sur le point de se tuer. Tout s'éclaire. La théorie de Grant selon laquelle Cobain allait tout quitter pour vivre, tel un ermite, de racines et de baies dans une forêt, est des plus ridicule.

Selon Grant, il existait une autre note, conservée à l'abri des regards, dans laquelle Cobain n'annonçait nullement son intention de se suicider, mais celle de quitter Courtney.
C'est encore un de ces indices que Grant présente comme concluants, alors qu'il ne peut même pas en prouver l'existence. Rien n'étaye cette idée selon laquelle Courtney et Kurt allaient divorcer prochainement. Ce ne sont là que fantasmes dans l'esprit du détective.
Grant va jusqu'à dire que Courtney s'est lancée à la recherche de l'avocat "le plus vicieux" pour s'occuper de son divorce. Il faut savoir que Kurt et Courtney avaient signé un accord pré-nuptial, ce qui rend un combat procédurier parfaitement inutile, et prouve que Tom Grant est un fieffé menteur. De plus, Grant nous raconte que Courtney soupçonnait Kurt de la tromper. Quelle imagination débordante ! Personne d'autre n'a jamais soulevé une telle hypothèse, et le détective ne nous indique pas ses sources...

Grant souligne que Cobain n'a pas adressé de lettre à sa mère ni à sa fille. C'est vrai, mais Kurt avait déjà parlé à sa mère. Elle savait ce qui se tramait. Elle n'ignorait pas qu'il finirait par se tuer. Nul besoin qu'il en rajoute. D'ailleurs, généralement, la plupart des gens ne laissent pas de lettre lorsqu'ils se suicident. Celle de Kurt était adressée à tous. Il avait plus de fans que d'amis intimes.
Quant à sa fille Frances, Kurt ne lui a laissé aucune indication sur la façon dont il lui faudra, plus tard, interpréter le geste de son père. Il se préparait à se tirer une balle dans la tête. Il aurait pu tout aussi bien écrire une lettre à toutes ses connaissances. Il n'en a simplement pas eu le temps.
Grant s'étonne de ce que Kurt n'ait pas attendu, pour se "suicider", d'avoir fini de rédiger son testament. Tom Grant échoue quand il essaie de se mettre dans la peau de Kurt. Pourquoi veut-il désespérément trouver une logique à tout cela, alors que, par définition, le suicide n'a rien de rationnel ?

Grant affirme enfin que des intérêts financiers pouvaient pousser Courtney Love à préférer la mort de son mari à un divorce. Il semble ignorer que Courtney possédait, en propre, un joli pécule, bien avant sa rencontre avec Kurt. Elle n'avait aucunement besoin de davantage d'argent.

On me demande souvent si je sais, dans ces conditions, pourquoi Grant a monté toute cette affaire. En toute sincérité, je l'ignore. Peut-être court-il après la notoriété, mais je ne crois pas. Il est détective de police en retraite : peut-être son bureau ne marchait-il pas très bien ? Peut-être a-t-il voulu attirer l'attention sur lui, afin qu'on lui demande d'enquêter sur des dossiers rémunérateurs ? Une seule chose est sûre : ce qu'il raconte est faux.
L'essentiel de l'imposture de Grant repose sur l'idée que le suicide de Kurt Cobain ne correspondait à aucune logique. La vie de Kurt prouve le contraire, de son enfance vécue dans la violence, à son adolescence sans domicile fixe, en passant par sa maladie de l'estomac et son accoutumance aux drogues dures... Une vie pareille en aurait poussé bien d'autres au suicide !

Pour terminer, j'aimerais inciter tout le monde à écrire à Tom Grant. Je suis sûr que vous ne croyez pas que Kurt Cobain ait pu être l'homme dont Grant dresse le portrait. Alors, faites connaître votre point de vue à Grant. Faites lui savoir qu'il n'a pas le soutien de la communauté Internet.


EN LIGNE :
JENNIFER LEBLANC, QUI RÉFUTE LES ARGUMENTS DE TOM GRANT

Moi non plus, je ne crois pas que Kurt ait été tué. Je comprends pourquoi il s'est suicidé. J'ai écrit à Tom Grant pour réfuter quelques arguments qu'il avançait. Je lui ai dit qu'il se comportait comme une " putain des médias".
Je continuerai à lui écrire tant qu'il fera ces déclarations stupides. Il est évident que Tom Grant n'a jamais lu un article sur Kurt. Dans beaucoup de ses déclarations à la presse, celui-ci admettait volontiers ses tendances suicidaires.
Tom Grant ne comprend pas ce que sont la dépression, et la dévastation qui peut en résulter. J'ai été dépressive pendant des années... et, comme Kurt, j'ai vécu des années de torture à cause de brûlures d'estomac chroniques. C'est pourquoi oui, je comprend les raisons pour lesquelles Kurt s'est suicidé.
Je me sens abandonnée. Je ne connaissais pas Kurt personnellement, mais quand l'un d'entre nous accepte la défaite face à la dépression, c'est terrible. M. Grant ne comprend rien à rien.


EN LIGNE :
JONATHAN DAVIS, QUI MAINTIENT QUE COBAIN S'EST SUICIDÉ.

Cobain avait un problème avec l'héroïne, et souffrait de douleurs à l'estomac, dont l'origine constitue encore un mystère (on sait seulement que sa mère manifeste des symptômes similaires. Cobain a souvent dit dans ses interviews que l'héroïne était le seul réconfort qu'il ait trouvé pour affronter ses maux d'estomac, ainsi qu'une grave scoliose et une dépression chronique.
La dépression n'est pas un simple état dont on peut se "sortir". Il s'agit en réalité d'un désordre physiologique grave. Ce désordre se soigne, mais le patient ne peut pas obtenir la guérison sans aide extérieure. Et je pense que Kurt était entouré de trop de flatteurs, qui considéraient sa dépression comme la manifestation d'un "tempérament d'artiste".


EN LIGNE :
COURTNEY LOVE ET DAVID PERLE DISCUTENT PAR COURRIER ÉLECTRONIQUE.

De : Courtney Love
À : David Perle
Sujet : page anti Tom Grant
Vendredi 9 février 1996

Grant ne pompe pas mon énergie, mais il a déjà tellement détruit. Diffusez bien l'idée que je vais lui répondre. Mais être obligée de parler de balistique avec le médecin légiste ou le chef de la police, ça me rappelle vraiment trop ce drap blanc ensanglanté... Ce type ne m'aime pas !
On ne peut pas le poursuivre en justice, il habite dans un garage et possède une vieille Datsun. Personne, dans les médias ou dans le monde, ne peut le toucher. Il n'a rien, tout Seattle crierait au meurtre et nous serions dans de beaux draps. Il ne vaut pas la peine que je perde mon temps, il est horrible et dégueulasse. Un sale anniversaire de la mort de Kurt en perspective.
Ce n'est pas drôle... OK... salut... Courtney


De : David Perle
À : Courtney Love
Samedi 10 février 1996

Eh, vous n'avez pas besoin de me convaincre que Grant n'a rien à avancer ! Ce qui est horrible, c'est que beaucoup de gens croient le contraire... Voulez-vous que je publie votre courrier électronique (sans votre adresse, évidemment) sur mon site Internet ?
J'ai reçu hier un courrier électronique de quelqu'un qui m'a demandé si je ne me faisais pas passer pour vous. J'ai répondu "non", et ce correspondant a dit que c'était étrange que quelqu'un qui n'a aucun lien avec vous investisse tellement d'énergie pour contrer ce détective... J'essaie simplement de faire ce qui me parait juste.


De : Courtney Love
À : David Perle
Samedi 17 février 1996

Ouais, je veux qu'on fasse savoir tout ça. Je ne répondrai probablement pas beaucoup aux gens, mais j'aimerais que ça soit diffusé. Pourquoi quelqu'un consacre-t-il du temps à lutter contre Tom ? Ah... merci, ami de Courtney.


De : David Perle
À : Courtney Love
Samedi 17 février 1996

Aussi ridicule que cela puisse paraître, beaucoup de gens sont tombés dans le panneau de à Tom Grant. Pour ce qui me concerne, je ne vous respecte plus autant que par le passé, surtout après tous les ennuis que vous vous êtes attiré cette année, et qui ont vraiment diminué votre crédibilité. Même si je continue à vous aimer, je comprends que tant de gens puissent vous détester, et devenir des proies faciles pour Grant. Beaucoup d'entre eux pensent vraiment que vous êtes une meurtrière...
Comme je l'ai déjà dit, je ne veux pas vous importuner avec des questions sur cette histoire. Je pense que presque tout ce que dit Grant est trafiqué.


De : Courtney Love
À : David Perle
Lundi19 février 1996

Voilà tout ce que je dirai aux gens : allez voir le médecin légiste, le chef de la police, le chef et le sergent de la Criminelle et vérifiez par vous-même où est la vérité.
Grant avait une agence de détectives privés et il a eu beaucoup de chance : je ne pouvais trouver aucun avocat, alors je l'ai simplement pioché dans l'annuaire. C'est un homme d'affaires raté, lent et inepte. Les gens qu'il a recrutés à Seattle étaient également lents et inefficaces. Un exemple : j'avais demandé qu'une enquête soit menée chez les dealers. Demandez-lui donc si quelqu'un y est allé ? Non, personne. Ce type est un feignant. Dylan m'a dit qu'il a à peine regardé la maison, il n'est jamais allé dans la serre ou dans le garage, alors que je les lui avais mentionnés comme étant des cachettes probables de Kurt.
Il n'y a rien à ajouter, les autorités sont au courant de tout. Au fait, la "note de Rome" est photocopiée et se trouve chez les forces spéciales de Police. Grant aurait voulu que je lui donne des photos, la copie de l'analyse balistique, et les rapports du service médico-légal. J'ai appelé Kimball et Cameron, tous deux m'ont dit que j'avais affaire à un illuminé.
Un pareil trou du cul sera poursuivi par le diable jusqu'en enfer, et il le sait. C'est tout ce que j'ai à dire. Il y a une date prévue pour la révocation de sa licence, et personne ne publiera son "roman" plein de merde.
Au revoir, Courtney.


De : David Perle
À : Courtney Love
Lundi 19 février 1996

Je n'arrête pas de répéter autour de moi que Grant n'ira jamais devant un tribunal, bienq u'ilprétende le réclamer. Il sait qu'il serait la cible des moqueries.
D'aprés moi, ses médisances seraient balayée si les personnes impliquées (police, amis et familiers de Kurt) tenaient ensemble une conférence de presse au cours de laquelle ils clarifieraient la situation, et expliqueraient que tout ce que dit Grant est un amas de mensonges. Personnellement, j'ai mal au coeur chaque fois que j'entend mentionner Grant et son "enquête" dans les médias. Ce type obtient chaque jour un peu plus de crédit...

David


De : Courtney Love
À : David Perle
Lundi 19 février 1996

Ce type ne devrait pas avoir sa place dans les médias. S'il le faut, je vivrai dans une caravane le temps de gagner un procès en diffamation. Que se passerait-il si si j'allais chez Oprah, à la télévision, pour dire que Tom Cruise est homosexuel, sans avoir aucune preuve ? J'irais tout bonnement en prison pour au moins un an. La diffamation n'est pas protégée par le premier amendement.
Ce type n'a rien, qu'une vieille Datsun, il vit dans le garage de son père. Dans six mois, il sera viré de sa propre agence. Je dois comparaître au tribunal à Los Angeles, pour lui faire retirer sa licence... Pourquoi devrions-nous tenir une conférence de presse pour contrer ce débile ? Je ne devrais même pas vous répondre à son sujet. Tout ce qu'i la, c'est internet.

Merci, Courtney.


De : David Perle
À : Courtney Love
Lundi 19 février 1996

À propos de la conférence de presse... Euh, j'ai juste dix-huit ans, que voulez-vous que je connaisse à ces foutues histoires ? Simplement, les supporters de Grant n'ont pas l'air d'étre très sensés, et je crois que le seul moyen pour qu'ils comprennent serait que des gens proches de Kurt leur disent : " Mecs, ce type est un menteur".
J'espère que je ne vous énerve pas... ou que je ne me donne pas l'air plus important que je ne le mérite... Ce n'est sûrement pas le moyen idéal de rendre hommage à Cobain, mais chaque fois que je vois le nom de Grant, j'ai envie de vomir !

David.


De : Courtney Love
À : David Perle
Mercredi 28 février 1996

Les journalistes de High Times ont fumé trop de joints... Vous avez lu leur texte sur la "machine à rèves" ? Comme si Hank, mon père, pouvait posséder quoi que ce soit, une maison par exemple. Ce type vit au dépens de l'État, je n'ai jamais habité avec lui et je ne l'ai rencontré que dix fois dans ma vie. Il pense qu'à travers moi, il a inspiré Kurt : il est complétement mégalo... il se prend pour Kurt : le représentant d'une génération, alors qu'il n'est qu'un pathétique parasite, un petit voleur, maltraiteur d'enfant. Toutes les transcriptions de son procès avec ma mère pour ma garde sont publiques. Plusieurs témoins ont déclaré qu'il m'avait battue quand j'étais enfant, et m'a donné de la drogue en public. Ce n'est pas un détail très propre, mais tout le monde peut vérifier dans les archives du procès Risi contre Harrisson, en 1968. Ce type est un crétin fini, sa propre mère est venue à la barre pour l'accuser. Après ça, il n'a plus eu le droit de m'approcher pendant toute ma vie. Même les personnes condamnées pour inceste ont droit à des visites sous contrôle de temps à autre, alors vous pouvez imaginer à quel type vous avez affaire ! Lui et Tom Grant se ressemblent comme deux gouttes d'eau : inutiles et inutilisables. Mais ils ont touché le jackpot... c'est tellement débile...

# Posté le dimanche 19 juin 2005 08:24

NiRvAnA 001

NiRvAnA 001
c'est peu etre un long texte mai il en vaut franchement la peine...


La légende raconte que Kurt Donald Cobain a voulu devenir une rock-star après avoir vu pour la première fois les Beatles à la télévision, quand il était enfait. Il est né à Aberdeen (Washington) le 20 février 1967 et, comme il s'en souviendra par la suite, il a passé la plus grande partie de son adolescence enfermé dans sa chambre à jouer et à écouter sa musique préférée, haïssant le reste du monde. Son goût pour la peinture et le théâtre, son caractère introverti et taciturne, ainsi qu'une santé délicate, donnaient de lui l'image d'un jeune souffreteur et fragile ; cela ne facilitait pas vraiment son intégration dans une localité rude, spécialisée dans le bois comme Aberdeen, peuplée d'hommes robustes, machistes, violents et enclins à mépriser tout ceux qui, comme Cobain, ne rentraient pas dans leur moule. Particulièrement s'ils dédaignaient les attraits indéniablees d'un bon spectacle de sport, une discussion animée sur leur rude journée de labeur ou le sexe, devant un bock de bière, voire une bonne bagarre devant la porte d'une taverne. Cobain a expliqué que "les gens de cette ville ne sont pas très dynamiques, ils n'ont envie de rien faire. L'ambiance est à la dépression et à l'alcoolisme."

Il n'avait pourtant pas toujours été comme ça. Jusqu'à l'âge de huit ans, son enfance fut heureuse, entourée de famille et d'amis, mais un événement traumatisant vint détruire son univers enfantin idyllique et innocent. Le divorce de ses parents, Donald et Wendy Cobain, allait le marquer pour le restant de ses jours. "J'ai eu honte, honte de mes parents. Je voulais désespérément avoir une famille classique, typiques, avec un père et une mère. J'avais besoin de cette sécurité", se souviendra plus tard le chanteur. Cet événement ouvrit une longue série de déceptions et d'échecs personnels, qui allait accroître avec le temps. Les disputes étaient continuelles avec son père qui, après s'être remarié, suggéra sans succès à son filsde laisser tomber sa guitare et de se présenter à un test pour rejoindre la marine. Il finit par mettre son fils à la porte. "Pour lui, j'étais en train de gâcher ma vue alors que moi, j'avais l'impression de luttre pour la réaliser". C'est ainsi que la maison de sa mère, elle aussi remariée, celle de certains de ses oncles, et même le pont d'Aberdeen Nord, devinrent ses toits provisoires dans les années qui suivirent.

C'est pourtant durant cette période funeste de sa jeunesse que Kurt commença à dessiner sa propre identité musicale, après une étape initiales marquée par les groupes entendus sur les radios commerciales. Il apprécie alors le hard-rock typiques des années 70 (Led Zeppelin, et tout particulièrement Black Sabbath), puis le punk et le hardcore américain, grâce au chateur-guitariste de Melvins, Buzz Osbourne, qui lui fait découvrir des groupes comme Butthole Surfers, les Stooges et Black Flag. C'est justement un concert de ces derniers qui change le cours de son existence et permet d'en arriver à la conclusion qu'il ne pourrait jamais faire "d'autre musique que celle-là."

Osbourne est aussi celui qui attire Chris Anthony Novoselic dans les eaux agitées du punk-rock et qui le présente à son ami Kurt Cobain. Novoselic est né à Compton, en Californie, le 16 mai 1965, au sein d'une famille originaire de Croatie, qui avait émigré en quête de l'incertain rêve américain. Le travail de son père dans l'industrie du bois les mena à Aberdeen, où, entre autres choses, l'enfant dut, lui aussi, assumer le divorce de ses parents.

La musique a été pour lui, comme pour Cobain, la véritable bouée de sauvetage de ses frustrations d'adolescent, et le punk est devenu un modèle de vie, qui apparemment offrait pour lui plus d'attraits et de satisfactions que les salles de classes ou un ballon de football américain. Quand Chris Novoselic (qui prendra en 1993 le nom de Krist) et Kurt Cobain font connaissance, ce dernier a déjà fait partie de groupes comme Brown Towel et, depuis la fin 1985, dirige une nouvelle formation baptisée Fecal Matter, en compagnie du bassiste Dave Crover et du batteur Greg Hokanson. Le trio a même enregistré une maquette et fait, à plusieurs reprises, la première partie de Melvins. Mais la formation d'origine ne dure pas plus de quelques mois. Cobain a déjà décidé d'engager Novoselic et, après lui avoir envoyé plusieurs enregistrements de son groupe, il obtient que le bassiste rejoigne Fecal Matter au mois de novembre. Au cours de l'année suivante, le groupe passe par un certain nombre de hauts et de bas liés principalement à la difficulté de trouver un batteur qui s'adapte au tandem et ne déserte pas au moment le plus inopportun. En avril 87, Chris et Kurt recrutent Aaron Burkhard et, pour prendre leurs distances avec leur groupe précédent, se baptisent Skid Row. C'est d'une certaine manière, le véritable embryon de Nirvana. En effet, des morceaux comme "Floyd The Barber" ou leur relecture de "Love Buzz" de Shocking Blue, qui figurant dans le premier album du groupe, appartenaient déjà au repertoire de Skid Row. Pourtant, leur nom ne tient pas vraiment la route. En quelques mois, "Skid Row" devient "Ted Ed Fred", "Pen Cap Chew" et "Windowpane". Jusqu'aun jour où Kurt a l'idée d'un nom plus accrocheur et facile à prononcer, et c'est que le trio devient "Nirvana". Burkhard les quitte peu de temps après et Dale Crover vient le remplacer à la batterie. Ils donnent quelques concert et, en janvier 1988, enregistrent la première maquette du groupe dans les studios Reciprocal Recording de Jack Endino, le producteur attitré du lable Sub Pop. Crover repart très vite, mais les musiciens commencent à faire circuler leur cassette chez les principaux labels indépendants du pays. Seuls les responsables de Sub Pop, en raison de l'intervention d'Endino, s'intéressent à leurs chansons.

Le label de Seattle, créé en 1986 par Bruce Pavitt et Jonathan Poneman, se charge de faire paraître en octobre 88 le premier single de Nirvana, "Love Buzz", avec un tirage limité à seulement mille exemplaires. Par ailleurs, la maison de disques s'enrichit d'une autre chanson du groupe, "Spank Thru", qui figure dans une compilation sous forme de triple album, Sub Pop 200, dans lequel on retrouve aussi des noms comme Screaming Trees, Green River et Tad. En mai, quelques mois auparavant, Chad Channing, ex-batteur de Fire Ant, était venu rejoindre le groupe. Ils commencent à tourner dans les salles de spectacles de la scène alternative de Seattle, où ils s'acquièrent en peu de temps une excellente réputation.

En toute logique, l'étape suivante consiste à entrer de nouveau en studios pour y enregistrer un premier album. A la fin de l'année, Nirvana commence à travailler les chansons de ce disque et en un temps records, trois jours seulement, ils enregistrent tout le répertoire choisi dans les studios de Jack Endino. Même si les crédits figurant sur le disque permettant de supposer que Kurt, Chris et Chad ont été accompagnés durant les sessions d'enregistrement par Jason Everman, on n'entend sa guitare dans aucun morceau du disque, car son entrée dans le groupe ne sera effective qu'une fois le travail achevé. Pourtant sa mention, à titre honorifique, est tout à fait justifiée, car c'est Everman qui a apporté au groupe les 606 dollars nécessaires aux frais d'enregistrement. Tout est donc prêt pour que Sub Pop accomplisse la seconde phase du contrat et que Nirvana puisse réaliser son rêve, la sortir d'un album. En juin 89, Bleach commence à être distribué chez les disquaires et, à la fin du même mois, le groupe entreprend une tournée aux Etats-Unis qui démarre à San Francisco. En dépit de l'optimisme initial, la tournée s'achève plus que prévu car, après un concert catastrophique au New Music Seminar de New York, Jason Everman décide de quitter le groupe pour rejoindre Soundgarden, en tant que bassiste cette fois. Les musiciens sont donc obligés d'annuler les autres concerts prévus.

Heureusement, il n'y a pas que des mauvaises nouvelles. "Bleach" sort en Grande-Bretagne au mois d'août et la presse spécialisée l'accueille avec intérêt. "Comme beaucoup de groupes issus de l'épicentre de Sub Pop, on peut difficilement les trouver innovateurs. Pourtant, alors que la plus grande partie des Seattlelites de Sub Pop s'est contentée de faire une exhumation tortueuse du rock antérieur, Nirvana saccage le passé, en quête de sa propre personnalité", remarque la revue Sounds. Peu après, le magazine "Rock de Lux" parle de disque affirmant que Mudhoney et Nirvana sont déjà "les plus grands représentants du son rude qui caractérise Seattle aujourd'hui". La critique se termine par une description très juste de la musique du groupe : "Un rock en béton armé soutenu par des guitares monolithiques et une basse hallucinantes, sans les fausses prises de position intellectuelles d'autres mouvements hardcore, le tout enveloppant des textes qui traitent du thème éternel des frustrations adolescentes."

A l'époque, les médias spécialisés du monde entier tournent leurs regards vers Seattle, et on parle même des sonorités spécifiques de Sub Pop, caractérisées par des formations de styles aussi différents que Mudhoney, Tad, Beat Happening, The Walkabouts, Soundgarden, et bien spur Nirvana. "Essentiellement, ils sont "the real thing". Sans idéologie de rock-stars, sans prétentions intellectuelles, sans un grand projet pour dominer le monde (...) Si Nirvana ne faisait pas ça, ses musiciens seraient en train de travailler dans une grande surface, dans l'industrie du bois ou dans un garage", écrit Everett True dans le Melody Majer. Il n'est pas si loin de la vérité, même si Kurt Cobain et Chris Novoselic ont depuis longtemps rejeté l'idée de passer le restant de leurs jours selon le modèle typique offert à la population mâle d'Aberdeen, c'est-à-dire "couper des arbres, baiser et boire, parler de baise et boire encore..." Ils veulent seulement enregistrer des disques, et avec une peu de chance, parcourir le monde pour interpréter en concert leurs propres chansons.

La chance de jouer hors de leur frontières se présente deux mois après la sortie de Bleach en Grande-Bretagne. Le 20 novembre, ils entament à Newcastle leur première tournée européenne, qui se termine le 3 décembre à l'Astoria Theatre de Londres, dans un petit festival baptisé Lame Festival. Sont là aussi Mudhoney et Tad, avec lequel ils ont déjà partagé la scène pour quelques concerts durant leur tour. La grande nuit de la "Rock city mania" comme l'appelle Sounds, remporte un grand succès et, à en juger par les critiques de la revue, c'est Nirvana qui a eu le plus grand impact sur le public : "Mudhoney peut bien avoir des pédales superfuzz et bigmuff, mais Nirvana possède en revanche un effet complètement personnel, le son flegmatique du megagrogement. Ils interprètent une chanson et déjà la première ambulance pour guitares se met en route..." Avant la fin de l'année, Nirvana sort Blew sur le marché européen et, de retour aux Etas-Unis, le 30 décembre, Chris Novoselic se marie avec sa fiancée, Shelli. Quatre mois plus tard, ils font une nouvelle tournée dans leur pays qui s'achève de façon désastreuse : le batteur sera expulsé du groupe pour "différences religieuses", selon les termes employés par Kurt Cobain. Mais surtout, les musiciens sont physiquement à bout de forces et commencent à le payer. Une cure de détente et de repos devient indispensable, mais Cobain s'y refuse. Le chanteur-guitariste continue à composer et en juillet, avec la collaboration de Dan Peter (batteur de Mudhoney), Nirvana enregistre le single Sliver. Accompagnés cette fois de Dave Crover, ils partent pour une tournée d'été, au cours de laquelle ils font la première partie de certains de Sonic Youth. Sliver sort en septembre aux Etats-Unis et le groupe, accompagné de Peters, prend part au festival de Seattle, qui a pour têtes d'affiche Sonic Youth et Melvins.

En même temps, Kurt et Chris commencent déjà à réflechir à leur prochain album. Mais, avant de s'investir complètement dans la gestation du disque, ils doivent impérativement résoudre quelques problèmes cruciaux et s'interroger sur l'avenir du groupe. "On était toujours à la croisée des chemins, prêts à décoller, mais sans jamais le faire. On était le grand espoir", expliquera par la suite Novoselic. Deux ans déjà se sont écoulés depuis la sortie de leur premier single, et ils sont fatigués de n'être qu'une éternelle promesse qui, malgré une brillante réputation, ne parvient pas à voir le bout du tunner de la scène alternative. Pavitt et Poneman ont réussi à ce que le "son Sub Pop" dépasse ses frontières naturelles, c'est indéniable. Et ce mélange de guitares abrasives avec une attitude authentiquement punk (ou, selon les mot de Kurt Cobain ce "son originaire de Seattle, un mélange fou des Stooges et de Black Flag") qui sera bientôt connu sous le nom de "grunge", est sur le point d'exploser pour conquérir un public moins marginal. Mais le prestige de leur label ne se reflète pas en termes de ventes et l'assainissement indispensable de leur finances tarde un peu trop.

Dans ces conditions, Cobain et Novoselic sont conscients que les infrastructures limitées de Sub Pop sont insuffisantes pour que leurs disques atteignent sans obstacles les marchés américains et européens. Une promotion plus appropriée leur permettrait de gagner une audience plus grande. En même temps, ils ne veulent pas renoncer à leur démarche, ce qui leur pose de terribles problèmes de conscience. Pourtant, ils pensent de plus en plus qu'il serait possible de ne pas renier leurs convictions (ce que Cobain définit comme leur "ethique punk"), même au sein d'une maison de disques multinationale. D'autre part, ils se sentent à l'étroit dans les schémas stricts du punk et du hardcore le plus immobiliste.Comme Sliver permettait de s'en douter, Nirvana a envi d'enrichir sa musique avec quelques pincées de pop. Depuis quelques temps, ils apprécient et assimilent avec beaucoup d'intérêts les travaux de groupes comme Young Marble Giants, The Pastels et même Abba. K Records (Shonen Knife et Beat Happening) est devenu le label préféré de Cobain, à tel point qu'en 1991 il se fera tatoué leur logo sur un bras. La possibilité que leurs chansons, sans avoir besoin de tomber dans les pièges du marketing le plus insipide, puissent au moins les aider à sortir de la galère économique, est trop attirante pour la délaisser.

Un autre problème, toujours non résolu, est la stabilité et l'homogénéité de leur formation, car ils subissent constamment la désertion mal venue de leurs batteurs. Après avoir envisagé plusieurs noms (la rumeur fait état de celui de J. Mascis, le leader de Dinosaur Jr.) Buzz Osbourne leur suggère de faire un essai avec Dave Eric Grohl, un garçon de Warren (Ohio), né le 14 janvier 1969, qui a fait partie de Scream, groupe réputé du circuit hardcore de Washington. Kurt et Chris connaissent déjà ses grandes qualités de musicien, car ils ont eu l'occasion d'assister à un concert de Scream à San Francisco. Ils ne se posent donc pas plus de questions et lui proposent la place.

En octobre, Dave Grohl fait ses débuts en tant que batteur de Nirvana au North Shore Surf Club de Seattle et, le même mois, il s'envole avec ses nouveaux partenaires pour une tournée en Grande-Bretagne avec le quator féminin L7. Le dernier concert de ce tour a lieu à l'Astoria de Londres en compagnie de Goldflesh. Susan Corrigan publie une chronique enthousiaste du spectacle dans le New Musical Express. "Nirvana sait comment contrôler son énergie, pour provoquer un bruit ou un grand fracas juste au bon moment. Leurs disques ne montrent pas à quel point il sont bons. Kurt Cobain a la voix d'un jeune Paul Westerberg (The Replacements) au meilleur de sa forme."

Quand le trio retourne à Seattle, après avoir conquis la presse anglaise, sa décision de donner un brusque tournant à sa carrière est bien mûrie. Le groupe se tourne alors vers la grande industrie discographique. Pour les conseiller, ils engagent l'entreprise de management Gold Mountain Entertainment, dirigée par John Silva et Barry Goldberg qui, curieusement, est celle ayant introduit Sonic Youth dans le catalogue de DGC (label indépendant appartenant à la multinationales Geffen). "Les compagnies indépendantes peuvent t'étouffer avec leur petite infrastructure. Il n'y avait pas d'avenir, c'est pour ça qu'on a cherché un major, on avait notre claque de la mauvaise distribution de nos disques, on avait besoin de stabilité", se justifiera Chris Novoselic. Ce moment est venu et Nirvana, assisté de ses représentants, pénètre dans les bureaux de DGC où, le 4 janvier 1991, les musiciens signent un contrat pour deux albums, et reçoivent sur le champs une avance, non négligeable, de 287 000 dollars. Les responsables de Sub Pop, qui ne digèrent pas très bien la nouvelle, vont eux aussi tirer un extraordinaire profit de la situation : DGC les dédommagera de 75 000 dollars pour la perte du groupe, et leur accordera un pourcentage sur les bénéfices du second disque de Nirvana, dans le cas où ses ventes dépasseraient les 200 000 exemplaires. Evidemment, tout le monde est loin de se douter du succès colossal qu'obtiendra le trio, ni que Bleach va devenir l'album le plus rentable de la petite compagnie, puisqu'il se vendra à plus d'un million d'exemplaires dans le monde entier.

Dès que le contrat est signé, Nirvana s'enferme dans les studio Sound City de Los Angeles pour y enregistrer ses nouvelles chansons, avec un buget de 135 000 dollars. C'est Butch Vig, dont le travail réalisé avec Killdozer avait séduit Cobain et Novoselic, qui est choisi comme responsable de production, au détriment de Don Dixon et de David Briggs, recommandés par la maison de disques. Le groupe ne perds pas de temps : l'enregistrement à peine terminé, il reprend la route pour faire la première partie des concerts des Dinosaur Jr. sur la Côte Ouest, puis retourne en Europe. Le principal rendez-vous a lieu le 23 août, à l'ouverture du festival de Reading. L'affiche regroupe Sonic Youth, Dinosaur Jr., Iggy Pop, Blur et Teenage Fanclub. Nirvana donne un concert qui, au dire du magazine Ruta 66, est sans doute le plus marquant du festival. "C'est l'un des groupes qui a le plus de fans, ce que l'on peut constater en voyant la quantité de tee-shirts à son nom dans le public. Ils se donnent à fond. Kurt Cobain se jette carrément dans la foule du haut de la scène et continue à marteler sa guitare, soutenu en l'air par les fans."

Le groupe profite de ces concerts pour présenter certains de ses nouveaux morceaux, comme "Smells Like Teen Spirit" qui sort en octobre, en avant-première de leur second album. Deux ans se sont écoulés depuis la sortie de Bleach et les fans attendent avec impatience leur nouveau disque. Enfin, le 23 septembre, DGC lance Nevermind, avec un tirage initial de 40 000 exemplaires aux Etats-Unis et un peu moins de 10 000 en Grande-Bretagne. Ces chiffres font plutôt rire aujourd'hui, mais à ce moment-là, ni le groupe, ni la maison de disques, ne pouvaient imaginer que l'album allait en moins de 4 mois détrôner dans les charts le "Dangerous" de Michael Jackson aux recettes spectaculaires. Ils ne se doutaient pas non plus qu'en 5 ans le disque se vendrait à plus de 10 millions d'exemplaires. En effet, Nevermind est encensé par la presse spécialisée, presque unanime dans le monde entier. Il a, bien sûr, quelques détracteurs, qui au-delà de la musique, critiquent le groupe pour s'être fait récupérer par une multinationale ou qui considèrent le disque comme un mélange insipide de hard-rock et de punk truffé de clins d'oeils à la musique alternative la plus banale. C'est le cas par exemple, du journaliste Juan Cervera, lorsqu'il écrit, six mois après la sortie du disque, dans "Rock de Lux" : "Un début lumineux... et le reste décevant. Les aspérités de Bleach ont été bien convenablement limées et le regard se tourne désormais vers les années 60, aec la mélodie pour premier objectif. Mais les chansons ne prennent pas, et Nevermind s'enfonce irrésistiblement dans l'ennui. Trop de clichés - un succédané fonctionnel du meilleur rock alternatif de la décennie passée - peu de risque, aucune transgression, à l'exception (bonne) de Lithium et de Territorial Pissings, morceaux dans lesquels l'angst de Cobain apparaît avec conviction et sans lourdeur. Le succès populaire est compréhensible : les ballades (Polly, Somthing In The Way) auraient très bien pu figurer dans "Use Your Illusion" de Guns N'Roses..."

Par contre, dans la même revue, Marc Mateu tient des propos diamétralement opposés : "Nirvaan, ce sont toujours trois types dégingandés qui font une musique puissante, davantage orientée maintenant vers les mélodies, mais sans pour cela être moins percutantes. Des coups fumants comme "Smells Like Teen Spirit" n'ont rien à voir avec la bouillie décaféinée qu'on vous sert sur les radios AOR américaines (...) Nirvana aime les Beatles, REM, et aussi le mordant du hard-rock des années 70. Cela donne un cocktail à la fois puissant et réussi."

Plus concrétement encore, Lauren Spencer, dans la revue Spin définit Nirvana comme "un mariage entre REM et Sonic Youth, avec The Germs comme maîtresse."

Comme on peut le constater, il y en a pour tous les goûts, mais personne ne peut contester que Nevermind a causé non seulement une agréable surprise, mais aussi un petit (voire énorme) tremblement, ébranlant les bases de l'industrie musicale et favorisant la rencontre du rock alternatif avec le grand public, qui n'avait aucune idée de ce qui se passait en dehors des programmes radio conventionnels. De plus, Nevermind est devenu le credo pseudo-existentialiste de toute une généraltion, à laquelle Kurt se rattache, et qu'il définit comme "apathique". C'est aussi le manifeste rageur et dramatique d'un genre, le grunge, qui va franchir les frontières social, une attitude, une mode et presque une façon de vivre. Le titre de l'album, bien entendu, en donnait déjà un début d'explication : "le disque s'appelle Nevermind (c'est-à-dire "Peu importe") car la plupart des gens préfère s'en foutre, ou simplement dire "peu importe", plutôt que de prendre une bombe et taguer ou de monter un groupe. Les gens ont perdu l'habitude de faire ce genre de trucs et ça me préoccupe. Ce serait si simple de taguer une bonne fois pour toutes "Foutez Georges Bush en l'air". Peu importe que ça n'ait aucun impact, mais au moins c'est une façon de décompresser et en plus c'est marrant", disait Cobain.

La tournée de promotion de l'album débute aux Etats-Unis, continue en Europe, passe même par le Japon et l'Australie, début 92. L'ascension du groupe est irrésistible : sa présence dans les principales émissions radio et télé est devenue incontournable, le clip "Smells Like Teen Spirit" est diffusé tout le temps sur MTV, et même les revues pour adolescents se font l'echo de toutes les nouvelles relatives au groupe. Et, sans conteste, l'évènement le plus marquant est le mariage de Kurt Cobain avec Courtney Love à Waikiki (Hawai), le 24 février 92. Ils se sont connus huit mois auparavant à Los Angeles et ont ensuite l'occasion de se rencontrer à plusieurs reprises. Le divorce des parents de Love n'avait pas été qu'une simple anecdocte dans sa biographie plutôt touffue. Toute enfant, elle a été mise dans des maison de redressement pour avoir volé des tee-shirts de Kiss dans un grand magasin. Plus tard, elle a travaillé comme stripteaseuse et, parmi sa collection d'aventures amoureuses, on trouve la perte de sa virginité avec Michael Mooney (Psychedelic Furs), un mariage éphémère avec James Moreland (Leaving Trains) et une brève liaison avec Billy Corgan (Smashing Pumpkins). Sa carrière artistique n'a pas été moins agitée : après avoir fait partie quelques temps de Faith No More, elle a ensuite créé Sugar Baby Doll avec Kat Bjelland (Babes In Toyland) et Jennifer Finch (L7). Elle a même flirté avec le cinéma (bien avant "Larry Flint", elle a fait une apparition dans "Sid And Nancy" - sans toutefois obtenir le rôle de Nancy Spungen, qu'elle convoitait - et a joué dans "Straight To Hell") avec l'excellent album "Pretty On The Inside". Pas besoin de dire que la carrière de Hole commence à décoller après le mariage de Courtney avec Kurt. Logique.

A partir de ce moment, le célèbre couple se voit soumis à une persécution constante de la part des médias, qui attendra les sommets d'une veulerie inconcevable dès l'annonce de la grossesse de Love au mois d'avril. Les rumeurs faisant état de l'addiction des deux musiciens à l'héroïne sont de plus en plus insistantes, et le couple, surtout Kurt, décide de se replier dans sa propre intimité, pour se protéger, tant que se peut, de l'attention permanente et du harcèlement du public. Au moins d'août pourtant, le malaise et la pression atteigne l'insoutenable. Le 8, à l'hôpital Cedars Sinai de Los Angeles, Courtney Love accouche d'une petite fille qui reçoit le nom de Frances Bean, en hommage à l'actrice Frances Farmer. Le journal britannique à sensation "The Sun" affirme que l'enfant est née avec un syndrome de manque et, le même mois, "Vanity Fair" publie un long reportage dans lequel, selon la journaliste Lynn Hirschberg, Love avoue avoir consommé des drogues avec son amri pendant la grossesse. De plus, elle est photographiée, peu avant l'accouchement, avec une cigarette à la main. Le même article affirme aussi que Nirvana a été à deux doigts de la rupture en raison d'un succès mal digéré et surtout, par des relations houleuses de Courtney Love avec Dave Grohl et Chris Novoselic. Compte-tenu des déclarations de Love, les services de la Protection de l'Enfance de Los Angeles entament une recherche pour savoir si le couple est capable d'élever sa fille dans de bonnes conditions. Finalement, Kurt Cobain craque, physiquement et mentalement. La leader de Hole accuse Madonna d'avoir orchestré cette campagne de presse en représailles pour avoir refusé de signer avec son label Maverick. "L'article de Vanity Fair n'aurait pas existé si je ne l'avais pas envoyée chier", accuse Courtney.. Un mois après ce lamentable évènement, Kurt accorde une interview à La Time dans lequel, entre autes, il reconnaît avoir abusé d'héroïne. "J'ai pris différentes drogues, mais je n'ai rien à en dire de bien. C'est une perte de temps totale. On a des tas de jeunes fans et je ne veux surtout pas être accusé d'inciter à la consommation de drogue (...) Tu ne peux pas savoir à quel point mon attitude à changé depuis la naissance de Frances. Tenir un bébé dans ses bras est la meilleure drogue du monde. Je ne veux pas que ma fille grandisse entourée de gens qui lui disent que ses parents étaient des junkies."

Pendant ce temps, la nirvanamania va crescendo et génère des bénéfices considérables. Tout le monde veut sa part du gâteau, même sans y avoir droit. C'est ainsi, par exemple, que les anglais Patrick Campbell-Lyons et Alex Spyropoulos intentent un procès au groupe, alléguant une appropriation frauduleuse du nom artistique Nirvana qu'ils utilisent depuis 1968. Le juge chargé de l'affaire admet ce fait, mais n'oblige pas pour autant les Américains à changer de nom ni, encore moins, à payer des dommages et intérêts à ces plaideurs opportunistes et intéressés.

Malgré l'ambiance étouffante dans laquelle vit le groupe, les concerts se succèdent durant tout l'été. Des rumeurs courent sur éventuel forfait de Nirvana pour le Festival de Reading, dont ils sont tête d'affiche de la journée de clôture, le 30 août, achevant l'exténuante tournée de Nevermind. Pourtant, à l'heure dite, Kurt, Dave et Chris dont irruption sur la scène, à la suite de groupes comme Nick Cave and the Bad Seeds, Melvins, Teenage Fanclub et Smashing Pumpkins, et donnent un spectacle plutôt irrégulier pour clore cette manifestation ayant réuni plus de 50 000 spectateurs. "Kurt Cobain est arrivé syr scène dans une chaise roulante poussée par Chris Novoselic. Il portait une gbardine et une perruque blonde. Il a fixé le micro et s'est mis à ironiser sur tous les racontars dans le groupe fait l'objet. Si on se souvient que dans le passé ils vaient été colossaux à Reading, ils étaient plus qu'attendus. Mais ils ont déçu. Ils ont été froids, sans la spontanéité d'autrefois. Tout paraissait prévu et répété jusqu'à satiété, même la destruction de leurs instruments à la fin", relate Antoni Badia dans Ruta 66. Il est évident qu'après quelques mois si agités, les musiciens sont à bout de souffle et ont besoin de mettre leur carrière entre parenthèses pendant quelques temps pour reprendre des forces et de l'enthousiasme. Ainsi, après avoir participé, le 9 novembre, à la cérémonie des MTV Awards, où ils reçoivent les prix du Meilleur clip alternatif et du Meilleur clip dans la catégorie espoirs pour "Smells Like Teen Spirit", ils décident de remettre à plus tard l'enregistrement de leur nouvel album.

Pour éviter que l'intérêt des fans pour le groupe ne s'amenuise (et en même temps continuer à exploiter cette poule aux oeufs d'or de la basse-cour alternative), DGC fait paraître, fin 92, un disque de raretés, Incesticide, que la presse interprète comme une déplorable concession aux intérêts de la multinationale. Heureusement, la groupe ne tarde pas à retourner en studios. Ils annoncent que le disque aura des sonorités plus crues, plus sauvages et moins peaufinées que Nevermind et, pour ce faire, engagen Steve Albini, séduits par le travail que ce musicien et producteur a accompli avec Pixies et The Breeders. Les sessions se passent assez rapidement et sans problèmes. En effet, durant la fin des enregistrements, il reste assez de temps à Kurt pour produire le nouvel album de Melvins, Houdini, et collaborer avec le mythique écrivain William S. Burroughs à la conception du single "The Priest They Called Him". Par ailleurs, Nirvana participe à un festival donné au Cow Palace de San Francisco destiné à collecter des fonds pour les vicitmes de la guerre en Bosnie.

Le concert suivant a lieu fin juillet, dans le cadre du New Music Seminar de New York. Avec le concours d'un guitariste d'accompagnement, Big John Duncan, ex-Exploited, Nirvana interprète quelques chansons de son nouvel album, qui après avoir écarté des titres comme "I Hate Myself And Want To Die" ou "Versus Chorus Versus", s'appellera finalement "In Utero". Au mois d'août, le groupe entreprend une vaste tournée aux Etats-Unis avec Pat Smear, qui avait déjà fait du l'influent groupe hardcore The Germs, en tant que secondes guitare, et la violoncelliste Lori Goldston. Après une longue attente, le 13 septembre paraît "In Utero".

Comme le groupe l'avait laissé entendre, il s'agit d'un album rageur, âpre et difficile à assimiler pour ceux qui attendaient une suite de Nevermind. "C'est ce qu'on pourrait appeler un authentique disque de grunge. Il est sale. Mais, pour lui rendre justice, il fait dore que chaque chanson a sa propre personnalité, chaque morceau est traité comme une entité isolée. J'insiste, je crois que le mot que le définit le mieux est "grunge"... Quand on a fait Bleach, personne n'employait ce nom, ça signifie quelque chose comme de la crasse accumulée sur un rideau de douche. Maintenant, ce mot fait partie de notre vocabulaire, il faut vivre avec", déclare Novoselic. La polémique qui accompagne la sortie d'In Utero - Albini déclare que le disque est une "suicide commercial" et que son style ne plaît pas du tout aux responsables de DGC et de Gold Entertainment - joue pourtant en faveur du groupe. Pas sur le plan commercial (les ventes sont considérablement inférieures à celles de Nevermind), mais cela contribue à renouveler le prestige du groupe dans les cercles spécialisés. In Utero n'est pas, en effet, un album complaisant ni même aimable, et sans doute pour ces raisons, la presse le traite avec une certaine bienveillance, ce qu'a priori on n'attendait pas. "Ceux qui ont dansé sur Nevermind devront aller voir ailleurs. Ceux qui connaissaient Nirvana se rendront compte que le groupe peux encore fabriquer des pillules difficiles à avaler. In Utero est un très bon disque, sincère et brutal, mais condamné aux ténèbres" écrit Rafa Cervera dans Ruta 66.

Alors que tout paraissait indiquer que le groupe avait pratiquement solutionné les différents qui le séparaient des détracteurs (qui, injustement, ne lui pardonnaient toujours pas sa désertion de la scène indépendante), Nirvana accepte de réaliser une session acoustique pour MTV, dans les studios Sony de New York. Cette décision irrite les détracteurs et beaucoups de fans méfiants, persuadés que le groupe a de nouveau cédé aux intérêts de l'industrie du spectacle et aux pressions d'une maison de disque qui, par cette manoeuvre, entend bien se dédommager des ventes "modestes" d'In Utero. Pourtant, comme le prouve l'album "MTV Unplugged In New York" reprenant le concert du 18 novembre, le format unplugged (acoustique) permet de découvrir une facette de Nirvana tout à fait excitante, et en aucun cas insignifiante ou méprisable. Le groupe profite aussi de l'occasion pour faire une relecture émouvante de certains de ses propres chansons, avec la collaboration de Smear et de Goldston, et aussi pour rendre hommage à Meat Puppets (dont deux membres, les frères Curt et Cris Krikwood, sont présents), à The Vaselines, à Leadbelly et à David Bowie.

Début janvier, Nirvana achève à Seattle ce qui sera sa dernière tournée américaine et, un mois plus tard, part pour Lisbonne pour y donner le premier des concerts européens de la tournée promotionnelle d'In Utero. Le tour devra pourtant être interrompu le 1er mars 1994, après un spectacle au Terminal Einz de Munich, au cours duquel Kurt Cobain perd sa voix. Le médecin lui recommande du repos et le groupe décide de reporter les concerts en avril. Ce qu'on ne sait pas, c'est que le public munichois sera le dernier à voir Cobain, Novoselic et Grohl ensemble sur scène. A partir de cette date, les événements dramatiques se succèdent à une allure vertigineuse. Ils aboutiront au suicide tragique du chanteur de Nirvana : le 4 mars, Courtney Love retrouve son mari inconscient dans une chambre de l'hôtel Excelsior à Rome, où le couple s'était donné rendez-vous. Bien que les médias qualifient l'événement "d'accident" ("la dernière image que j'ai de lui est celle d'un père qui jouait avec sa fille, pas celle d'un jeune qui voulait en finir avec la vie", déclare l'un des médecins qui l'ont accueilli à l'Hôpital Américain), la réalité est bien différente. Kurt a essayé de mettre fin à ses jours en ingérant une cinquantaine de somnifères mélangés avec de l'alcool. Une fois sorti du coma et après trois jours d'hôpital, il rentre à Seattle. Le 18, le couple a une violente dispute et Love est obligée d'appeler la police car Cobain, retranché dans une pièce avec un pistolet, menace de se suicider.

Kurt est dans un état physique et mental déplorable en raison de sa dépression et de sa toxicomanie, et sa relation avec Courtney est désormais insoutenable. Le musicien, contrairement à sa femme, refuse de se soumettre à une cure de désintoxication, malgré l'ultimatum de Novoselic et de Smear menaçant de dissoudre Nirvana. Peu après, Cobain entre à l'Exodus Recovery Center de Marina del Rey, en Californie, pour y être soigné. Mais, au bout de deux jours, le 1ier avril, il s'en échappe et retourne à Seattle. Sa mère prévient la police de sa fugue, et Courtney engage un détective privé pour le retrouver, mais il est déjà trop tard : le8 avril, Gary Smtih, un électricien venu installer un système de sécurité dans la maison que le musicien possède à Mardona (Seattle), découvre sur le sol le corps sans vie de Kurt Cobain. "J'ai d'abord cru que c'était un mannequin mais je me suis aperçu qu'il avait du sang à l'oreille droite. J'ai vu une fusil sur sa poitrine, braqué vers son menton", raconte Smith à la presse. Selon le rapprt d'autopsie, Kurt a pris du Valium et de l'héroïne avant d'appuyer sur la gâchette de l'arme avec laquelle il a décidé de mettre un triste point final à ses jours. "Maintenant il est parti et a rejoint ce stupide club. Je lui avais dit de ne pas chercher à en faire partie", déclare sa mère, Wendy O'Connor, à l'agence de presse Associated Press, faisant référence à ce club supposé de jeunes stars du rock qui, comme Janis Joplin, Jimi Hendrix et Jim Morisson, sont morts à l'âge de 27 ans. Le cadavre de Kurt Cobain est incinéré le 10 avril. La suite, Foo Fighters ou Sweet 75, est une autre histoire.

# Posté le dimanche 19 juin 2005 08:17

nirvana

LA QUESTION: Pourquoi j'ai appelé mon skyblog nirvana...

car quand je l'ai commencé je ne savais pas trop quoi choisir..et j'etait persuadée que nirvana etait deja pris...hé ben non...N'ayant pas beaucoup d'inspiration a ce moment là j'ai laissé nirvana.Je comprend les gens qui sont fan et qui foudrait avoir nirvana comme adresse..et qui tombe sur le fameux skyblog nirvana..mais avec rien de precis sur eux...
D'avance je m'excuse, nirvana n'est pas un groupe qui me passionne plus que ca...mais je tien quand meme a garder cette adresse car le "nirvana" n'est pas qu'un groupe mais autre chose aussi ;)

# Posté le dimanche 24 avril 2005 11:35

CRAZY FROG

CRAZY FROG
OH les delirs sur ca!en classe, dans la cour...PUTAIN!!! a mourrir de rire avec mon voisin de classe..FX!
alors pour les touristes qui debarquent et qui n'ont jamais vu cette grenouille..Ben elle passe sur mtv, a la base c'est pour les gsm mais put1 elle est trop excellent....


===================>BIMBILIBIM<==========================

# Posté le lundi 04 avril 2005 14:18